Voir la lutte

Nous pensons souvent que la lutte est visible.
Nous l’imaginons dans un conflit, une opposition, une confrontation.

Pourtant, la lutte la plus fréquente est souvent beaucoup plus discrète.

C’est celle que nous menons contre nous-mêmes.

Vouloir bien faire. / Ne pas se tromper. / Être à la hauteur. / Contrôler ce qui va arriver.

Sur le tatami, cette lutte apparaît très vite. Le corps se fige. Le mouvement perd sa fluidité. L’attention se déplace de ce qui est en train de se vivre vers ce que l’on croit devoir réussir.

Le tatami n’efface pas cette lutte. Il la rend visible.

Et c’est peut-être là que commence la pratique.

Non pas lorsque nous apprenons une nouvelle technique. Mais lorsque nous reconnaissons cette manière de lutter qui nous accompagne parfois bien au-delà du dojo.

Voir la lutte est déjà une manière de commencer à en sortir.

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