Et si la lutte commençait avant le conflit ?
Il n’y a pas toujours besoin d’un désaccord pour commencer à lutter.
Parfois, il suffit que quelque chose ne se passe pas comme nous l’avions imaginé. Nous avions prévu une manière de faire. Une réponse. Un déroulement.
Et puis quelqu’un répond autrement. La situation change. Un imprévu surgit. Ce que nous avions préparé ne fonctionne plus.
Alors nous pouvons essayer de ramener les choses là où nous pensions qu’elles devaient être. Insister / Convaincre / Corriger / Résister.
Et sans même nous en rendre compte, nous sommes déjà en train de lutter.
Sur le tatami, cela devient visible.
Nous avions imaginé un mouvement. Mais le partenaire ne fait pas exactement ce que nous attendions.
Si nous cherchons à maintenir notre idée malgré ce qui se passe réellement, le mouvement devient difficile. Nous forçons.
Alors il est possible de regarder autrement.
La difficulté vient-elle vraiment de l’autre ?
Ou vient-elle de l’écart entre ce qui est en train de se passer et ce que nous avions décidé qui devait se passer ?
Cette question change déjà quelque chose.
Car si nous cessons de lutter contre ce qui n’est pas conforme à notre attente, nous pouvons recommencer à regarder. À écouter. À répondre.
Et peut-être qu’avancer ne consiste pas toujours à faire disparaître ce qui nous contrarie.
Peut-être que cela commence simplement par faire une place à ce qui est là.
Pour voir ce qui peut alors devenir possible.
